J’évoquais dans le précédent article que Lammas, c’est LA fête de la gratitude. Celle où l’on prend conscience des sacrifices qu’ont impliqué les bienfaits dans lesquels on vit. Par là dessus, c’est une fois de plus une célébration très communautaire, où l’on pense à sa famille et à ses ancêtres…

L’occasion idéale pour se faire un bon barbecue !

Oui, on peut célébrer en faisant un barbecue à l’ombre d’un arbre feuillu, et c’est tout à fait okay avec la spiritualité ! Pourquoi ? Lis donc :

Le repas commun :

En premier lieu, partager un repas, c’est fondamentalement énergétique et spirituel, et ce depuis la nuit des temps. Déjà en Mésopotamie antique, la cuisine était destinée à connecter les hommes avec les dieux, et les hommes entre eux. Se nourrir est une chose, partager bombance, c’est une autre énergie. Le magnifique banquet de l’anniversaire de Bilbon Saquet nous en donne un exemple parfait dans Le Seigneur des Anneaux, et toutes nos célébrations, des baptêmes aux enterrements en passant par les mariages (toutes obédiences spirituelles ou non confondues) sont accompagnés de repas. Manger ensemble, c’est célébrer ensemble. Par ailleurs, partager la même nourriture, c’est partager ce qui se transformera en ce que nous sommes : si je mange la même pomme que toi, d’une certaine manière, nous sommes un peu constitués de la même matière. Pour reprendre la formule de Jean Bottero, « partager les vivres, c’est partager la vie » (La plus vieille cuisine du monde, éditions Le Point, 2006)

Le repas est une véritable célébration, donc oui, un petit barbecue, ça me parait parfaitement pertinent.

Le sacrifice animal :

Qui dit barbecue, dit viande ou poisson. Amis végétariens et vegan, rassurez-vous, je vous propose des alternatives garanties sans souffrance animale dans les lignes qui suivent, mais c’est l’occasion pour moi de parler du concept de victime sacrificielle. Nous ne faisons plus de sacrifices animaux pendant les rituels… croyons-nous ! Manger de la viande, c’est effectivement faire un sacrifice animal. Nous tuons l’animal volontairement pour pouvoir nous en nourrir (je ne parle pas des conditions d’élevage et d’abattage, qui constituent un autre sujet mais qui méritent à tout le moins un regard conscient). Inutile de se voiler la face, quand nous mangeons de la viande, nous mangeons le corps d’un être qui a été vivant.

Le barbecue de célébration peut être un parfait moment pour conscientiser cela et avoir de la gratitude pour la victime sacrificielle, même si nous l’avons achetée chez le boucher. Lammas est la célébration de cette gratitude envers la terre qui sacrifie des morceaux de sa chair (sous forme de plantes en particulier, mais aussi d’animaux) pour que l’humain puisse survivre. Conscientiser qu’une brochette n’est pas juste des cubes de trucs rouges sur une pique, mais la chair d’un être qui a été vivant et le remercier, c’est le moins que l’on puisse faire et c’est la période idéale.

Option sans sacrifice animal :

Si tu as choisi un mode de vie sans sacrifice animal (c’est tout à ton honneur : j’accueille et respecte l’intégralité des régimes alimentaires, cet article n’a aucune volonté de faire polémique ou de convaincre qui que ce soit de changer de modèle alimentaire), on peut aussi faire un barbecue de célébration. On choisira alors d’autres choses à griller. Peut-être qu’on choisira plutôt une plancha d’ailleurs ! Toute la dynamique de gratitude reste la même : gratitude envers l’abondance de la nature qui te permet de faire bombance avec des aliments qui conviennent à ton organisme et tes convictions, gratitude envers tous ces gens qui l’acheminent vers ton assiette. Si tu habites à la campagne, si ca se trouve, tu peux inviter ton producteur de tomates au barbeuk pour les manger à la provencale : ça tisse les liens de communauté entre les gens, tu ne crois pas ?

En parlant de gens :

Choisis bien tes invités ! Ils font pleinement partie du rituel. Point besoin que tout le monde soit sensible au paganisme, mais si tu veux pouvoir lancer une prière de remerciement au début du repas, assure toi qu’ils sont au moins en neutralité bienveillante ! Clairement, un partage, c’est avec du monde. Que l’on parle de trois personnes, trente ou trois cent. Cela dit, tu peux avoir envie d’un repas en compagnie de toi-même, et c’est okay aussi ! Mais s’il y a du monde, tu peux en profiter pour lancer l’idée d’une « auberge espagnole » où chacun amène quelque chose : ça peut amplifier nettement la dynamique de partage, puisque chacun aura mis la main à la patte et sa belle énergie dans ce qu’il a apporté.

Quant à la cuisine …

Faire griller des champignons, des tomates provençales ou des brochettes, c’est déjà énorme en termes de dynamique, mais tu peux avoir envie de mettre encore plus d’énergie dans tes préparatifs. Une soupe froide, un taboulé, un pain maison (pour Lammas c’est presque indispensable) ou un gâteau, faits avec amour, des cuillères en bois (qui agissent comme des baguettes) et plein de bonne volonté, c’est ni plus ni moins que des « potions et aliments magiques » bien chargés d’énergies que tout le monde va ingérer.

Pense à réfléchir aux quantités :

Il ne s’agit évidement pas de faire à manger pour quarante si l’on est quatre ! Il y aura surement des restes, mais penses y : célébrer dans l’abondance, ce n’est pas gaspiller. Au démarrage, il s’agissait quand même de pouvoir passer l’hiver après… Tu peux aussi porter ton attention sur les couverts et autres employés. Ca vaut peut-être le coup de faire la vaisselle tous ensemble plutot que d’utiliser des assiettes en carton. A ton choix, dans tous les cas !

Célébrer en partageant un banquet, en résumé, qu’est-ce que c’est ?

1/ Choisir un espace et un lieu qui seront préparés exprès pour l’occasion

2/ Choisir des mets en pleine conscience et les préparer avec une belle intention

3/ Partager de belles énergies avec d’autres personnes, ou seul : chacun son choix

Quoi de mieux pour célébrer l’abondance tout en étant dans la gratitude et la conscience de ce que les autres ont fait pour que tu en bénéficies ?

Le petit plus, c’est pourquoi pas de constituer un autel aux ancêtres et/ou aux entités de ton choix, et de leur déposer une assiète, à eux aussi… et là, on parachève l’esprit Lammas !

Bon appétit !