Bonjour à tous,

 

En ce jour, je prend la plume en tant que personne, par delà Alliance Magique Editions, et avec elle aussi. Une façon de témoigner d’un quotidien de l’ombre, que nous ne sommes pas seuls à vivre.

 

 

Faisons face aux idées reçues :
_ Non, nous ne sacrifions pas de chat dans notre cave (ironie face à une réaction véridique). Au contraire, nous adorons les animaux, et si Arnaud Thuly (big boss en chef) le pouvait, il reverserait la quasi-totalité des revenus du groupe éditorial à WWF ou une autre association de préservation des animaux. Il ne se passe pas une semaine de réunion de travail sans un miaulement de chat qui squatte des genoux, ou un clavier, au sein du groupe.
_ Non, nous ne sacrifions pas de mouton, de chèvre (ironie face à une réaction véridique). Pour quoi faire d’ailleurs ? Satisfaire une iconographie erronée de propagande de chasse aux sorcières ?

 

En tant que responsable du social management, plus connue comme la community manager d’Alliance Magique, il y a bien longtemps que je suis « sortie du placard » (bien avant ce travail). Car oui, s’affirmer dans le monde social quotidien en tant qu’intéressée et investie dans l’ésotérisme revient à sortir du placard et assumer les doigts tendus ainsi que les murmures convenus. Et très clairement, j’avoue n’en avoir rien à faire de ce que pense autrui sur le sujet, la plupart du temps.
Je m’en fiche. Arnaud s’en fiche. Mais j’en suis venue cette semaine à recommander à notre nouvelle stagiaire (Laura) d’éviter de s’afficher publiquement, comme bossant pour nous, pour éviter de porter préjudice à sa carrière. Un réflexe de protection envers une femme promise à un bel avenir professionnel, et dont je ne voudrais pas qu’il soit gâché par une personne peu compréhensive. Et je me suis mise en colère contre moi-même d’être réduite à cet acte, à ce choix.

En ces temps d’élections, l’obscurantisme gagne toujours une part de terrain : méfiance envers l’inconnu, résistance éventuelle au changement (à prendre au sens large, sans aucun parti pris politique). C’est un réflexe humain vieux comme le monde de tenter le repli sur soi, pour se protéger dans une adversité indéfinissable (comprendre, l’inconnue). Mais bondieudebonsoir ! On est en 2017. Tous nos gamins sont nés la fibre optique à la main. La plupart des parents ont connu le modem. La connaissance est maintenant librement accessible à l’ensemble de l’humanité.
J’entends dire des artistes que c’est « mignon » ou une « lubie » de s’intéresser à certaines branches ésotériques. On leur donne une petite tape sur le bras, on se dit que ça nourrit leur inspiration à la rigueur, et puis bon, ils sont tous un peu fous les génies non ? (love-Kandinsky). Par contre, la personne lambda, qui a envie de fonder son propre caractère spirituel, ce n’est plus une lubie, c’est un danger. La personne qui a envie de vivre son rapport au monde, à la Nature, aux êtres, selon ses codes est un danger. L’ésotérisme est classé comme « hors du moule », source de chaos.

Une source de chaos pourtant nécessaire : car au sein de l’ésotérisme se fondent les règles de demain. Les forces d’après-demain d’une société. Les inspirations et aspirations de son futur.
Las, quand l’homme ne trouve plus de réponse dans le moule bien facetté de sa réalité, où va-t-il quand il a besoin de retrouver sa place ? Vers l’ésotérisme, quelle que soit la forme qu’il prend (le médium, le chaman, le méditant, le lithothérapeute, le sorcier ou la sorcière…). Il délègue à lui le poids d’une vie balayée par les épreuves et le consultant ésotérique prend ce poids pour lui et lui permettre de réintégrer sa place, une fois transcendées, comprises, acceptées, résiliées, ou encore dépassées lesdites épreuves.
Après une crise fondamentale de notre société, des milliers, des millions de personnes se sont tournées vers ces consultants. Des consultants formels ou informels. Peu importe au final. Des milliers, des millions de personnes qui à leur tour ont eu envie de réfléchir à leur rapport au monde, à la société, pour mieux vivre la rupture de la crise.

 

Rappel historique : 
Il y a plusieurs siècles les sorcières étaient des femmes érudites des plantes, la phytothérapie et la pharmacopée ont pris le relais. Les sorcières étaient celles qui savaient faire accoucher dans les chaumières, elles sont devenues sages-femmes. Les alchimistes ont été les précurseurs de la chimie, aujourd’hui nous transformons le plomb en or (avec les accélérateurs de particules). Paracelse fut l’inspirateur de la médecine chimique moderne par ses pratiques alchimiques et magiques. Les mystiques asiatiques sont devenus sources des pratiques méditatives dites « non-ésotériques » (MBSR). Les états modifiés de conscience, sources de renouvellement de la psychiatrie…

 

Au sein même du mot ésotérisme se cache une richesse insoupçonnée pour la société, pour notre société. Pour nos enfants. Pour notre avenir. La sorcière incarne le mystère qu’elle accepte, ce voile intangible qu’elle tente de soulever pour comprendre la Nature, que ce soit au travers de la science ou de la mystique. Le sorcier arpente ses propres voies pour découvrir de nouvelles arcanes.
Au sein même de l’ésotérisme se cache aussi une richesse insoupçonnée de philosophies diverses et complexes, de mouvements et de sous-mouvements, qui peuvent être aussi éphémères qu’un papillon ou résistants qu’un chêne. Accepter cette réalité, cette diversité, c’est s’ouvrir, comme le font les artistes, à des sources d’inspiration pour votre vie, votre mieux-être, et celui de la société que nous partageons.

Nous ne pourrons jamais éradiquer l’obscurantisme, mais nous devons lutter pour mettre en lumière l’ésotérisme.

 

Magiquement vôtre, Isabelle