Salut lecteur !

C’est bientôt Yule ! C’est tellement facile de parler nourriture et Kitchen Witchery autour de cette période de bombance que j’ai décidé de t’épargner le « repas de Noël » et la symbolique de la dinde aux marrons (bien que tu peux te renseigner si le cœur t’en dit, ça n’est jamais perdu). Je vais plutôt évoquer aujourd’hui une tradition provençale que j’ai découverte à l’époque où j’avais une belle mère portugaise… ce qui me laisse à penser qu’il s’agit plutôt une tradition méditerranéenne du coup ! Les fameux 13 desserts de Noël…

Le concept de base :

Pour commencer, je vais être franche : je ne sais pas du tout si cette tradition s’ancre dans un passif antique avant d’être une pratique chrétienne. Dans la mesure où tout ce qui concerne la célébration et la nourriture est issu de la nuit des temps, j’aurais tendance à me dire « cherchons, il y a matière », mais restons sobres et honnête. A ce jour, je n’ai pas plus d’information.

Ensuite, le concept de base est simple : une table, trois nappes blanches, trois chandeliers (la Trinité, bien entendu, et toute la puissance symbolique du chiffre 3) et une quantité astronomique de nourriture dessus.

13 desserts différents qui portent tous un symbole.

Parmi eux : figues sèches, raisins secs, amandes, noix, poires, oranges, châtaigne, nougat, vin cuit et dattes.

Évidement la symbolique qui nous est parvenue est très chrétienne mais un petit tour dans le livre de Scott Cunningham, La Cuisine Wiccane, nous apprend vite que ça se réinvestit de façon sorcière en toute quiétude !

Anecdote amusante : figues, raisins et amandes représentent respectivement les Carmélites, les Fransiscains et les Dominicains, trois Ordres Mendiants… or d’après Cunningham, ces trois fruits sont chargés de l’énergie de l’argent et de l’abondance ! La noix, associé au dernier Ordre Mendiant que sont les Augustins, est plutôt associée à la protection.

A ces fruits et noix, tu peux ajouter les spécialités régionales que tu veux : voilà une excellente manière de te connecter à ton « pagus », ton pays… parce qu’étymologiquement, c’est ça surtout, le paganisme !

Les treize desserts sont chrétiennement servis le 24 décembre au soir, après le Gros Souper et pour tenir la route jusqu’à la messe de minuit. On les laissait ensuite sur la table jusqu’au jour des Rois, histoire d’être bien sûr de n’avoir plus faim pour la galette.

Réinvestissement païen :

Symbolique sorcière – La lune

Le chiffre 13 pour ces desserts a été déterminé seulement au vingtième siècle et représente évidement Jésus et ses apôtres. Tu le sais pourtant : le chiffre 13 c’est aussi le chiffre fétiche des covens, ainsi que le nombre de Lunes dans un cycle annuel. Pourquoi pas réutiliser ce chiffre dans cette dynamique ? Si tu fêtes Yule avec un coven de 13 sorcières, chacune peut apporter un dessert et faire des offrandes du Sabbat un grand événement sucré ! Chaque dessert peut également représenter symboliquement l’une des lunes à venir, entre le 21 décembre 2017 et le 21 décembre 2018 (je t’encourage alors à regarder ton calendrier et tout simplement à prévoir le nombre de dessert en fonction du nombre de Lunes). Ça peut être une chouette occasion d’appeler magiquement une énergie et une intention particulière pour chacune des lunes, a réactiver lors des esbats ! Si tu préfères célébrer le Grand Cycle à Samhain, tu pourras sans problème réadapter le concept en octobre prochain !

Symbolique votive – Frau Holle

Le saviez-tu ? Les célébrations en lien avec la Déesse Holda trouvaient une apothéose dans les 12 jours suivant le solstice d’hiver. Qu’ils soient associés à une Chasse Sauvage menée par Holda elle-même (réputée pour emporter les âmes des enfants morts pendant l’année) ou à une interdiction totale de filer (à partir de la chrétienté), ces douze jours sont fondamentalement consacrés à la Déesse germanique de l’hiver. Je trouve très intéressante la possibilité de poser sur la table treize desserts différents pendant cette période, un pour représenter chaque jour de célébration plus un pour la divinité elle-même. Pourquoi pas, dans ce cas, privilégier les pâtisseries qui sonnent germaniques ? Bretzels et gâteaux aux épices trouveront une place de choix ici ! Quant aux boissons, un petit lait de poule de derrière les fagots fera son petit effet j’en suis sure !

Symbolique civile – une année magique

Douze, c’est également le nombre de jours entre Yule et la nouvelle année civile, qui compte elle-même douze mois. Dans la même optique que la dynamique lunaire proposée plus haut, tu peux décider de disposer douze desserts sur la table plus un pour l’année et poser ainsi des intentions pour chacun des mois et pour l’année entière. Pourquoi pas encadrer cette pratique par la célébration de Yule et une célébration de passage de Nouvel An ? Et pourquoi pas réactualiser, une fois de plus, ces intentions à chaque premier du mois ? Cela fait d’autant plus écho à la pratique des desserts de noël qu’initialement, on appelle cela les calenos, du latin calendae. Ce terme correspondait au premier jour de chaque mois (et la nouvelle lune quand on comptait les mois par lunaisons). Tu me suis ?

Dans cette optique très cosmique, tu peux choisir de fabriquer toutes sortes de biscuits en fonction de tes intentions et de leur donner des petites formes avec des emportes pièces ou en les gravant d’un symbole magique. Quant à ceux qui représentent l’année, tu peux t’inspirer des biscuits de bonne fortune et glisser un augure à tirer « au hasard » à l’intérieur, ou leur donner des formes astrales, pourquoi pas !

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Et voilà pour une célébration de Yule sucrée ! Point de bûche mais tant d’autres idées à explorer pour se réapproprier pleinement les festivités de fin d’années. Peut-être même que ça t’aidera leur rendre un véritable sens (celui qui va bien pour toi) au milieu de cette débauche de consommation. N’hésites pas à partager tes trucs de sorcier.e cuisinier.e en commentaire !

Crédits : Photo by Brenda Godinez on Unsplash

 

 

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